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rêvé en janvier 2025
par Olivia Tapiero


La télévision retransmet des images prises par un microscope. Le visage d'une femme très belle. Elle dit : faire la file, faire la file. Des oiseaux, des grandes roues, des saintes : l'arrière-plan ressemble à une carte de tarot. Et maintenant il y a trop de vêtements, mais aucun ne me va. Tant pis. Il faut partir : longue route de sel, comme un champ de lithium. Un homme conduit la voiture, longtemps, ça me gêne. Les paysages sont magnifiques, mais l'interaction m'inquiète. L'homme me dit : on s'arrête ici tu descends. Je crie, j'ai peur. J'ai honte d'avoir crié. J'entre dans la maison. Quelqu'un frappe à la porte : c'est mon amie, je crois, mais je ne peux pas ouvrir, il y a trop de chiens agités derrière moi, ils risquent de l'attaquer puis de s'enfuir. Je suis responsable de ces chiens. Vite, c'est l'heure du concours, de l'appel, de la sélection. La gagnante est celle qui aura trouvé son cadavre intérieur. La pluie a ouvert la fenêtre : les pages de mon manuscrit s'envolent, s'écrasent dans le jardin trempé de mes parents. Tant pis. Je donne un atelier d'écriture à un groupe très varié, dont un petit garçon autiste qui ne parle pas, et qui joue du violon. Sa musique me transmet une vision : il existe, au fond de la mer, une petite créature transparente. Il ne faut pas la craindre.